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Si proche si différent...

SI PROCHE, SI DIFFERENT (17'34) de l'équipe de regards2banlieue.TV
Projet européen encadré par Brigitte RETOUT et Saci OURABAH
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Article de Saci OURABAH

Dans le cadre d'un projet européen Jeunesse en action, des membres de regards2banlieues.TV sont allés à Amsterdam en octobre 2012 à la rencontre de l’association Combeat TV. Des jeunes hollandais de cette association étaient venus filmés des reportages dans nos quartiers en avril 2012 pendant les élections présidentielles en France, encadrés par l'équipe de regards2banlieue. Cette fois, notre mission en Hollande fut de rencontrer une artiste pratiquant le street-art, partager une journée avec une association travaillant dans un quartier de la banlieue Est d’Amsterdam et découvrir une population aux fonctionnements différents.

La Hollande, l'autre pays du fromage. Amsterdam est sa capitale. Amsterdam, la ville où les vélos sont plus dangereux que les voitures car on ne les entend pas arriver. Où les embouteillages de vélos, au feu rouge, remplacent celles des voitures. Amsterdam et son cannabis. Amsterdam et ses filles en vitrine...

Mais l'équipe de regards2banlieue n'est pas allée à Amsterdam pour voir les deux symboles de cette ville qui en font sa réputation.

Non !!!... Enfin si, après un vote à l'unanimité, nous avons décidé d'y aller tout de même dès le premier soir, et sous la pluie s'il vous plait !!! Nous avons pu voir ces femmes nues siliconées aux sourires imperturbables derrière une vitrine, ah ! qu'ils sont beaux ces tableaux vivants, quand je pense que nous n'avons pas pu voir le musée Van Gogh par manque de temps. A Paris nous avons des grosses dans des camions ou Mona Lisa derrière une vitrine : imaginez Mona Lisa à poil avec un sourire, je pense qu'il y aurait autant de monde au Louvre mais peut-être pas la même clientèle... euh... les mêmes visiteurs.

L'équipe de regards2banlieue a élargi son champ de vision pour atterrir en banlieue d'Amsterdam, en partenariat avec l'association Combeat.tv dans le cadre d'un projet européen.

Au programme, rencontrer des personnalités et associations autour de trois thèmes : l'art, la politique et la science.

Tout d'abord l'artiste Anna STOLYAROVA qui pratique le street-art et nous raconte comment elle a su dynamiser un quartier abandonné des institutions. Très dynamique cette fille... nous avons «couru» à travers le quartier en nous racontant l'historique de ses travaux.

L'association Connect nous a impressionnés. Tout d'abord par ses locaux qui sont en fait un ancien immeuble réaménagé en lieu de réunion, salle de sport, salle de jeu, restauration... et qui accueille toute tranche d'âge en difficulté.

Cette association a en effet plusieurs activités dont la principale, est de former des jeunes issus du quartier, faire des rondes pour rassurer la population et la médiation auprès des plus jeunes.

L'association organise des voyages humanitaires au Maroc et apporte à la population des chaises roulantes et autres accessoires aux personnes handicapées. L'objectif est de montrer aux jeunes des quartiers la misère qui existe dans certains pays et notamment dans leurs pays d'origine. Apparemment, même les plus durs parmi les jeunes ne restent pas insensibles.

Dans le même quartier nous avons rencontré le maire des quartiers Est d'Amsterdam, qui, enfant d'immigré marocain nous a raconté son parcours difficile et courageux. La politique du maire est de rendre les habitants acteurs de leur ville.

En tant que journaliste reporter d'images, nous avons bien évidemment filmé interviewé chacun notre tour et à chacun son niveau.

Nous avons pu remarquer que les gens paraissaient moins stressés qu'à Paris. Les gens sont plus respectueux, peut-être dû à une vie moins chère comme nous le rappelle une jeune fille de l'association Combeat.tv. Mais aussi, une ville avec moins de circulation routière privilégiant le vélo et le tramway. Le métro aussi, beaucoup moins dense que dans notre capitale. On a remarqué que les populations étaient sectorisées, car en centre ville (mis à par le quartier rouge), les gens semblaient être originaires de la Hollande.

Nous avons pu voir qu'il n'y a pas de barrières entre la population et les travailleurs en uniforme comme les agents de transports. La communication est naturelle. Les jeunes utilisent leur ticket de transport et dialoguent assez facilement. Il y a deux personnes qui travaillent dans le bus, le chauffeur et une personne à l'accueil qui gère les renseignements, les ventes de tickets, le contrôle... et le sourire.

Quatre jours à Amsterdam nous ont permis d'avoir une idée de cette ville qui reste finalement assez petite. Les lignes de métro sont peu nombreuses, ce qui nous permet de nous y retrouver assez facilement en tant que parisiens. On peut remarquer que le français a plus de mal à s'exprimer en anglais que les hollandais qui parlent tous avec facilité.

La barrière de la langue reste toujours le principal handicap où le français a beaucoup à apprendre...